Réalisés avec des feutres Micron, mes dessins représentent de plus ou moins grands paysages constitués de minuscules motifs.

Je les façonne méthodiquement pour remplir le temps et l’espace. La finesse des traits et la profusion de détails offrent plusieurs lectures, selon la distance et le degré d’immersion choisi.

Mes dessins sont le témoignage de mes non-voyages. Les plans et les perspectives sont fausses, fidèles à l’idée que je me fais du monde. Je dessine mes cartes en non savant. Les traces de mon passage esquissent mon terrain à mesure qu’elles l’imprègnent. La méthodologie de ma pratique, ses conditions, sont la nature même de mon travail.

Les textes qui légendent les dessins sont le résultat d’une moyenne entre la source sûre et la foutaise. Elles proposent quelques vérités infondées, non vérifiables, dont la fiabilité est relative au contexte dont elles dépendent. Mais à l’heure où il est conseillé d’avoir des certitudes, des positions, voir, des revendications, toute vérité, sans discrimination de genre ou de nombre, devient le siège d’une bêtise avérée, ce qui, vraisemblablement, est cool.

Je m’intéresse à la désinformation en tant que travestissement d’une réalité, en partant du principe que toutes se valent, selon le critère de jugement, et bien entendu, je me fais une joie de tisser des liens entre chaque chose, et d’en tirer des conclusions.

Il n’est aucun point que la logique ne puisse relier à un autre, il n’y a aucun vide entre deux espaces, aucune terre isolée, aucune idée sans inspiration.

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